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Brève chronologie:
- 1937-1979 : dictature du clan Somoza, soutenue par les Etats-Unis.
- 1979 : Révolution menée par le Front Sandiniste de Libération Nationale (FSLN).
- 1979-1990 : Conflit armé sur fond de Guerre Froide avec les « contras » appuyés par la CIA.
- 1984 : Premières élections “libres” (pays en guerre) de l’histoire du Nicaragua. Victoire de Daniel Ortega (FSLN).
- 1990 : Echec du FSLN aux élections et fin de la guerre.
- 1990-2006 : Trois gouvernements de droite libérale se succèdent (V. Chamorro, A. Alemán, E. Bolaños)
- 2007-2011 : Victoire du FSLN (novembre 2006) et retour de Daniel Ortega au pouvoir.
- 6 novembre 2011: Élections nationales
En 1979, la révolution sandiniste menée par le FSLN met fin à quarante ans de dictature familiale, celle des Somoza. Puis, après dix années d’affrontements avec les « contras » – contre-révolutionnaires soutenus par Ronald Reagan et la CIA opposés au gouvernement sandiniste – le dirigeant du FSLN, Daniel Ortega Saavedra, perd les élections le 25 février 1990.
Le gouvernement sandiniste qui, durant les années 80 avait mis en place l’ensemble des institutions démocratiques et organisé les premières élections “libres” au Nicaragua (les votations se déroulent dans un climat de guerre et sont marquées par l’abstention de plusieurs partis politiques), transmet alors le pouvoir à la représentante conservatrice et antisandiniste gagnante des élections, Violeta Chamorro.
Entre cette date et le retour au pouvoir du front sandiniste via son éternel représentant Daniel Ortega (janvier 2007), trois présidents issus de la droite libérale se succèdent aux commandes du gouvernement:
25 avril 1990 – 10 janvier 1997 : Violeta Barrios de Chamorro
10 janvier 1997 – 10 janvier 2002 : Arnoldo Alemán
10 janvier 2002 – 10 janvier 2007 : Enrique Bolaños Geyer
Si le règne de Violeta Chamorro peut être à certains égards considéré comme « positif » – puisqu’associé à la sortie de guerre et à l’arrivée au pouvoir d’une femme – les bilans des deux Chefs d’Etat suivants restent entachés de nombreux scandales. Arnoldo Alemán, surnommé « El gordo Alemán » a en effet été condamné à 20 ans de prison suite aux innombrables affaires de corruption dans lesquelles il a trempé, ce qui lui a d’ailleurs valu d’être classé dans le top ten des présidents les plus corrompus de la planète.
Quant à Enrique Bolaños, beaucoup se rappellent de ses hauts faits en tant que ministre de l’énergie alors qu’il était vice-président d’Arnoldo Alemán, de 1997 à 2002. Durant cette période les pannes d’électricité pouvaient durer une douzaine d’heures et l’eau venait à manquer dans les foyers et les écoles parfois pendant plusieurs jours… Ces problèmes d’approvisionnement ne s’améliorèrent guère lorsque Bolaños dirigea le pays entre 2002 et 2007.
Transition, privatisations et corruption
Les années nonante sont souvent évoquées au Nicaragua comme celles de la privatisation et de la corruption.
Dès l’annonce de la victoire de Violeta Chamoro le 25 février 1990, le gouvernement sandiniste commence à régulariser à la hâte les acquis de la réforme agraire commencée durant les années 80. Nombreux sont les titres de propriété accordés dans les dernières semaines de la législature (avril 1990). Certains sandinistes haut placés profitent de ce processus pour se partager le patrimoine et les biens de l’Etat. Le gouvernement de Chamorro, entame ensuite de manière chaotique la vente des centaines d’entreprises industrielles et agricoles encore aux mains de l’Etat. En 1996, l’organe officiellement responsable de mener à bien le processus de privatisation (CORNAP) informa avoir vendu 495 entreprises pour une valeur de 26 millions de dollars. Les noms des entrepreneurs privés devenus propriétaires n’apparaissaient pas dans le rapport du CORNAP et une étude menée par une commission externe (CEPAL) indiqua que la valeur réelle de ces ventes auraient du être 32 fois plus élevée.
De manière générale, le processus de privatisation peu transparent conduisit à des luttes violentes pour l’obtention ou la conservation de titres de propriétés. Ce problème continue d’ailleurs encore aujourd’hui d’alimenter de nombreuses tensions. En plus de cela, les avancées durant la révolution dans le domaine de la santé, de l’éducation et des services publics ont été balayées par quinze années d’ajustements structurels correspondant à la politique néolibérale suivie par la droite tout au long des années nonante et du début des années 2000.
Lorsque le sandiniste Daniel Ortega retrouve la place de président en janvier 2007, le Nicaragua se trouve dans une situation précaire. La dette publique, exorbitante, consomme une bonne partie des ressources du budget de la République, le chômage et la pauvreté touchent la majeure partie de la population, l’exploitation incontrôlée des ressources naturelles menace l’environnement et la santé des Nicaraguayens, ainsi que, à moyen terme, l’économie du pays.